November 23, 2006

Où sont les blogs dans les universités ?

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amo@emakina.fr

On en parlait en septembre, moi-même dans le cadre de réflexions plus globales et plus spécifiquement chez Versac. Alors qu’on attendrait des universitaires qu’il trouve dans cet instrument un moyen d’expression d’échange en adéquation avec certaines valeurs propres à leur groupe, les constats relevés étaient assez déceptifs. Mais il y a du changement.


À titre personnel, je n’étais pas totalement surpris, à cause d’une incompatibilité de culture du contenu, doublé d’une caractéristique propre à la fonction publique qui est qu’un fonctionnaire ne peut parler dans son métier qu’au titre de sa fonction, donc de sa mission et de l’institution qu’il sert, pas pour lui-même. Accessoirement, j’avais aussi digressé sur la compatibilité du devoir de réserve avec les usages sociaux du web actuel.
Toujours est-il que, malgrès tout cela, j’ai le sentiment d’observer un frémissement. Dessine-moi le web 2.0 m’a en effet permis de découvrir par exemple ce que fait Paris V. Des étudiants qui bloguent sur une plateforme institutionnalisée, c’est quasi-miraculeux. Il y aussi ce blog personnel d’un directeur de cabinet d’Université, observateur de la communication dans ce secteur. Opportun, pusqu’il m’a conduit tout droit à ce blog institutionnel de l’Université de Bourgogne afin de communiquer autrement sur université et entreprise. Bon, c’est un peu ampoulé dans le contenu, mais ça débute, l’intention est là, il faut la saluer. Pour les podcasts, je vous renvoie au à un précédent billet et ses enrichissants commentaires.
Enfin un peu d’intégration dans la Société de l’Information, l’adoption de modalités numériques massivement appropriées par les étudiants et plus encore par ceux qui le seront bientôt. Reste maintenant à dépasser l’expérimentation et les ilots innovants pour voir émerger des orientations plus généralisées. À ce niveau, d’expérience, je peux dire qu’il y a là un sacré challenge à relever.

Jean-Luc Grellier

Alexis, quand tu parles d’incompatibilité entre les métiers du public et leur devoir de réserve et les actuels usages sociaux, il me semble que tu oublie que tout bouge. Que les politiques ont très massivement envahi la blogosphère. Aujourd’hui, je suis convaincu que l’exemple des usages du web qu’ont produit Ségolène Royale, ou Nicolas Sarkozy a enfin persuadé certains élus locaux de l’intérêt des blogs et de l’aspect participatif. Même si leur démarche n’était pas dénué d’intérêt 😉 elle a fait avancer les choses dans ce secteur. Bien avant que je ne quitte la Région, et avant même que bien des gens ne s’y intéresse j’avais réussi à suciter auprès de certains élus régionaux un intérêt pour les blogs. Le président s’était d’ailleurs posé la question.
Encore une fois c’est bien moins une question de devoir de réserve que de disposer de temps ou de personnel pour s’en occuper… à l’heure où l’on peine à trouver les ressources nécessaires au sein des collectivités pour s’occuper des contenus des sites internet, la question des blogs pose elle-aussi la question de la gestion des contenus. le dilemne est de se dire : “ne pas le faire c’est être ringard, le faire faire c’est se moquer des gens, alors que faire ?”. Les solutions existent, certains politiques ont montrés la route… mais pour que ces médias intègrent pleinement leur utilité et qu’ils sucitent des usages dans le secteur public il faudra une prise de conscience sur ce que représente vraiment la gestion des contenus sur le web.
Certains secteurs para-publics montreront à n’en pas douter l’exemple. L’université est elle aussi très bien placée pour se lancer… combien d’étudiants ont aujourd’hui un blog et/ou des pratiques 2.0 ?

Francois

Je suis tout-à-fait d’accord avec toi Alexis, il y a un vrai challenge à relever. Beaucoup d’universités et de grandes écoles réfléchissent depuis un moment à la manière d’utiliser les blogs, mais peu osent passer le pas.
Ne faudrait-il pas leur faire une présentation BlueKiwi pour leur mettre le pied à l’étrier?

Jean-Pierre

Les “universitaires” ont compris depuis longtemps qu’il vaut mieux ne parler que quand on a quelque chose à dire.
Autrement dit, “mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un un imbécile que parler et avoir l’air d’un con”.