May 6, 2007

Regards sur notre économie numérique

Posted by

amo@emakina.fr

En ce dimanche électoral, je dois dire que le JDN fait fort en terme de tribunes, avec des tas de choses intéressantes et à propos autour de l’économie numérique dans notre beau pays.


En premier lieu, un de mes punching-ball préféré, à savoir la manière dont se conduisent certains projets d’innovation industrielle dans ce pays, avec une tribune d’Alain Garnier à, laquelle j’adhère à fond et que je relaie donc avec militantisme. Vous relirez ça, histoire de vous dire qu’on a peu avancé. Un élément de réponse aussi à un récent billet de Carlos. Il est effectivement éclairant et un peu effrayant de voir la BNF ou l’IGN, de belles institutions, mais qui sont tout sauf des entreprises IT s’inscrire en concurrence avec Google (pour ne parler que de lui) !
Ensuite, un paquet bien concentré sur l’éternelle question de savoir s’il y a une bulle 2.0. Ça fait au moins un an qu’on en parle et le sujet me semblait plié. Est-ce le feu de paille du rachat de Yahoo! par Microsoft ? ou un début année sérieux et appliqué en terme de valorisations et levées de fonds ? Toujours est-il que l’on sent les intervenants soucieux de montrer que l’époque est à une approche sérieuse des valorisations.
Pascal Mercier nous fait clairement partager cette impression et aussi sa séreinité et son optimisme sur le marché. C’est à Julien Codorniou, observateur pertinent sur la question s’il en est, que revient la synthèse. Elle a le mérite de rappeler quelques vérités à ceux qui jouer la comparaison à il y a 7 ans, notamment sur l’absence de phénomène boursier ou la faiblesse des valorisation par rapport aux folies de l’époque. Au passage, j’apprécie beaucoup que sa conclusion vise la “nouvelle frontière” que j’évoque souvent, celle de l’Enterprise 2.0, et je n’ai évidemment rien à redire à ce que cela soit illustré par Criteo et surtout BlueKiwi 🙂
Je passe vite sur la tribune de Benoît Chopin sur l’e-commerce. Elle mérite un billet en soi et au regard du sujet je me contenterai de rappeler qu’il y a du chemin à faire pour que l’économie française et tout particulièrement le tissu des PME se bouge en ce domaine.
Enfin, André Yves Portnoff offre une bonne orientation vers le noeud de la question, à savoir l’inadéquation des logiques top-down et pyramidale avec le modèle de la société de l’information qui crée de la valeur par des logiques horizontales et bottom-up dans une dynamique de maillages.
Une vraie question culturelle, effectivement, le point clé qui fait frontière, en écho à l’Enterprise 2.0 évoqué par Julien Codorniou, la question qui fait aussi que beaucoup ont du mal à comprendre et donc à appuyer dans le sens d’une économie de la connaissance qui n’a de sens qu’au travers des approches EN société de l’information, dont le web 2 n’est qu’une illustration. C’est amusant, Dion Hinchcliffe, herault de l’Enterprise 2.0 s’il en est, blogue également sur le même sujet.
D’un point de vue plus sociétal et disons-le politique, le vrai choix est bien celui d’entrer dans la société de l’information et ce changement inéluctable n’est pas sans créer des crispations type DADVSI, ou des propos défensifs tels que ceux que j’ai évoqué . André Yves Portnoff appui évidemment le constat en direction de l’école et de l’enseignement. Lui-aussi fait face à ce choix et lui aussi, effectivement, est tenté par la crispation. Il est clair que tant que ça ne se passera pas là, ça ne se passera globalement pas.

Julien

merci Alexis pour tes comments.