April 20, 2009

Plus on est âgé, plus on est engagé

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amo@emakina.fr

O’Reilly s’est fendu d’une étude sur Facebook par pays. Elle est intéressante à deux titres.
ORFacebookratio.pngD’abord sur les comparaisons par pays. O’Reilly a produit des chiffres en valeur et non en taux de pénétration et je vous propose donc quelques extractions sous cet angle. Où l’on voit qu’avec bientôt 10 millions de français enregistrés, il y en a encore sous le pied et que nôtre beau pays est même talonné de près. Où l’on constate que Facebook a encore du chemin à faire dans d’autres grands pays bien plus avancés dans le développement des usages numériques. Sauf qu’en Allemagne, Facebook est concurrencé par Studivz, son précurseur germanique et ses 13 millions d’utilisateurs, ce qui ferait porter le taux germain à presque 20% de pénétration. Facebook a beau dominer la géopolitique des réseaux sociaux, il est loin d’avoir tout conquis. Ce n’est pas non plus l’arbre qui cache la forêt. La qualification de mainstream devrait aussi s’appliquer aux réseaux sociaux maintenant.
ORFacebook.pngMais le plus frappant, c’est d’observer, toute géographie confondue, que plus une tranche générationnelle est représentée, moins elle est active. Il y a là-dedans une part d’évidence. Dans une tranche à faible taux de pénétration, on est à l’émergence, donc avec une forte proportion de précurseurs hyperactifs par nature. À l’inverse, dans une tranche à maturité, il y a un effet de dilution évident. Pour autant, on ne peut qu’être frappé par le niveau d’activité des plus âgés. Nous avons tellement en tête la génération Y et le fait que les petits jeunes sont suractifs, qu’on en oublierait de regarder à côté.
Cela fait ainsi plusieurs fois que je vous bassine avec la suractivité de la population féminine de plus de 45 ans, mais le fait est qu’à l’instar des Twitter Moms dont je parlais dans mon dernier billet, cette frange manifeste un dynamisme et un engagement vraiment très important. De là à observer des effets de broadcast, il n’y a qu’un pas.
Facebook et les réseaux sociaux sont les instruments des jeunes génération, cela ne fait aucun doute. Mais en même temps, n’est-il pas temps de prendre acte du caractère mainstream des réseaux sociaux et de considérer que les populations plus matures sont bien là et qu’elles sont mêmes bien plus engagées que leur progéniture. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on découvre une sorte de ménagère de moins de 50 ans de l’ère numérique, mais je pense qu’on devrait être moins enfermé dans les stéréotypes et utiliser les médias sociaux sur bien d’autres populations que des ados ou post-ados. On pourrait alors peut-être découvrir une valeur inattendue, en ces temps où d’aucun se plaignent que ça pourrait marcher mieux…

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